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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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rOLYEUCTE.

r.60

Que si sur l’un et l’autre ils in:m<|uent de pouvoir,

Je ne prendrai conseil que de mon désespoir.

Apprends-moi cependant ce qu’ils ont t'ait au temple.

STRATON’ICE.

C’est une impiété qui n’eut jamais d’exemple.

•le ne puis y penser sans frémir à l’instant ',

Et, crains de faire un crime en vous la racontant.

Apprenez en deux mots leur brutale insolence.

I.e prôtre.avoit à peine obtenu du silence,lit devers l’orient assuré son aspect,

Qu'ils ont fait éclater leur manque de respect.

A chaque occasion de la cérémonie,

A Eenvi l’un et l’autre étaloit sa manie,

Des mystères sacrés hautement se moquoit,

Et traitoit de mépris les dieux qu’on invoquoit.fout le peuple en murmure, et Félix s’en offense;

Mais tous deux s’emportant à plus d’irrévérence :

« Quoi! lui dit Polyeucte en élevant sa voix,

« Adorez-vous des dieux ou de pierre ou de bois 1 2 * »ici dispensez-moi du récit des blasphèmesQu’ils ont vomis tous deux contre Jupiter mêmes 8 :L’adultère et l’inceste en étaient les plus doux.

« Oyez, dit-il ensuite, oyez, peuple, oyez tous 4 * * * :

1 On ne peut remarquer avec trop d’attention ces mots inutiles quela rime arrache. Sans frémir dit tout; à V instant est ce qu’on appellecheville. (V.)

2 Je ne répondrai point à cette fausse opinion où l’on est que les

Komains adoraient du bois et de la pierre. Il est bien sûr que leur

Deus optimus , maximus, que deum sator atque hominum rex, n’était,

point; une statue, et que Polyeucte avait très grand tort de leur re-procher une sottise dont ils n’étaient point coupables ; mais c’est uneopinion commune. Polyeucte était dans cette erreur ; il parle comme

il doit parler, conformément aux préjugés. La poésie n’est pas de laphilosophie; ou plutôt la philosophie consiste à faire dire ce que lescaractères des personnages comportent. (Y.)

; i Corneille emploie indifféremment cet adverbe même avec une set sans s. Les poètes, tant gênés d’ailleurs, peuvent avoir la libertéd ôteret d’ajouter une s à ce mot. (Y.)

V Oyez n’est plus employé qu’au barreau : on a conservé ce mot enAngleterre; les huissiers disent ois sans savoir ce qu’ils disent. Nousn’avons gardé de ce verbe que l’infinitif ouïr; et nous disions autre-