ACTE III, SCÈNE III. S65
PAULINE.
Quoi excès de rigueur!
FÉLIX.
Moindre que son forfait.
PAULINE.
O de mon songe affreux trop véritable effet!
Voyez-vous qu’avec lui vous perdez votre tille?
FÉLIX.
Les dieux et l’empereur sont plus que ma famille.
PAULINE.
La perte de tous deux ne vous peut arrêter!
FÉLIX.
J'ai les dieux et Décie ensemble à redouter.
Mais nous n’avons encore à craindre rien de triste :
Dans son aveuglement pensez-vous qu’il persiste?
S’il nous sembloit tantôt courir à sou malheur,
C’est d’un nouveau chrétien la première chaleur.
PAULINE.
Si vous l’aimez encor, quittez cette espéranceQue deux fois en un jour il change de croyance :
Outre que les chrétiens ont plus de dureté ’,
Vous attendez de lui trop de légèreté.
Ce n’est point une erreur avec le lait sucée,
Que sans l’examiner son ame ait embrassée :
Polyeucte est chrétien pareequ’il l’a voulu,
Et vous portoit au temple un esprit résolu.
Vous devez présumer de lui comme du reste :
Le trépas n’est pour eux ni honteux ni funeste;
Ils cherchent de la gloire à mépriser nos dieux;
Aveugles pour la terre, ils aspirent aux cieux;
t Outra que, expression qui ne doit jamais entrer dans la poésie.JHus de dureté, C& };lus ne se rapporte à rien. On peut demander pour-quoi elle dit que Polyeucte sera inébranlable, qi and elle espère lefléchir par ses pleurs? Peut-être * que, si elle espérait un retour dePolyeucte à la religion de ses pères, la situation en deviendrait plustouchante quand elle verrait ensuite son espérance trompée. Cettescène d’ailleurs est supérieurement dialognée. (V.)
* Son premier mouvement est et doit être <!c Pespérer; elle en doute ensuitepar un sentiment plus réfléchi. (P.)