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POLTEUCTE.
Si Polyeucte enfin n’abandonne sa secte,
Quoi que son protecteur ait pour lui dans l’esprit,Je suivrai hautement l’ordre qui m’est proscrit.
ALBIN.
Grâce, grâce, seigneur ! que Pauline l’obtienne !
FÉLIX.
Celle de l’empereur ne suivroit pas la mienne' ;Et, loin de le tirer de ce pas dangereux,
Ma bonté no l'eroit que nous perdre tous deux.
ALBIN.
Mais Sévère promet...
Albin, je m’en défie,Etconnois mieux que lui la haine de Décie;
En faveur des chrétiens s’il choquoit son courroux,Lui-même assurément se perdrait avec nous.
Je veux tenter pourtant encore une autre voie.Amenez Polyeucte; et si je le renvoie,
S’il demeure insensible à ce dernier elfort,
Au sortir de ce lieu qu’on lui donne la mort.
ALBIN.
Votre ordre est rigoureux.
FÉLIX.
Il faut que je le suive,
Si je veux empêcher qu’un désordre n’arrive.
Je vois le peuple ému pour prendre son partis;
Et loi-même tantôt tu m’en as averti :
Dans ce zèle pour lui qu’il fait déjà paraître,
Je ne sais si longtemps j'en pourrais être maître ;
’ Qui lui a dit que la grâce de l’empereur ne suivrait pas la sienne ?au contraire, il doit présumer que l’empereur trouvera fort bon qu’iîn’ait pas fait couper le cou à son gendre, et qu’il attende des ordrespositifs. (V.)
2 Cette raison ne paraît guère meilleure que les autres. Ï1 est diffi-cile, comme on l’a déjà remarqué, que le peuple, qui a eu tant d’hor-reur pour le fanatisme punissable de Polyeucte, se révolte sur-le-champ en sa faveur. Ce qu’il y a de triste, c’est que les défauts durôle de Félix ne sont rachetés par aucune beauté; il parle presque tou-jours aussi bassement qu’ii pense. On ne dit point ému pour, cela n’estpas français. (V.)