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ACTE I, SCÈNE I.
Je passe au plus de voix, et de mon sentiment]
Je veux bien avoir part à ce grand changement
Assez et trop longtemps l’arrogance de RomeA cru qu’être Romain c’étoit être plus qu’homme.
Abattons sa superbe avec sa liberté 1 ;
Dans le sang de Pompée éteignons sa fierté ;
Tranchons l’unique espoir où tant d’orgueil se fonde,
Et donnons un tyran à ces tyrans du monde.
Secondons le destin qui les veut mettre aux fors,
Et prêtons-lui la main pour venger l’univers.
Rome, tu serviras ; et ces rois que tu bravos,
Et que ton insolence ose traiter d'esclaves,
Adoreront César avec moins de douleur,
Puisqu’il sera ton maître aussi bien que le leur.
Allez donc, Achillas, allez avec SeptimeNous immortaliser par cet illustre crime 2 .
et la même chose dans une page est d’un style trop négligé. On ne peuttrop répéter qu’on est dans l’obligation de remarquer ces fautes» depeur que les jeunes gens, qui n’auraient pas la même excuse que Cor-neille, n’imitent des défauts qu’on devait lui pardonner, mais qu’on nepardonne plus aujourd’hui. (V.) — La poésie, sans cesser d’être natu-relle, doit toujours s’élever au-dessus de la prose; ou, s’il est quelquesexceptions à cette règle, elles doivent être très rares. Cette délibéra-tion elle-même le prouve ; le style en est, en général, beaucoup plusélevé que celui de la prose la mieux soutenue; et, dans la belle délibé-ration qui ouvre la tragédie de Brutus , Voltaire s’est bien gardé desuivre la règle qu’il établit par inadvertance. (P.)
1 La superbe ne se dit plus dans la poésie noble; il est aisé d’ysubstituer orgueil. On n’abat point la liberté, on la détruit ; rien n’estbeau sans le mot propre. Ces remarques ne portent point sur l’essentielde la pièce; mais il faut avertir de tout les lecteurs qui veulent s’in-struire, et ceux qui nous font l’honneur d’apprendre notre langue. (V.)— La superbe nous paroît, au contraire, un de ces mots que la poésienoble auroit à regretter. Il nous semble aussi qu’un poete, obligé tou-jours de préférer l’expression la plus forte et la plus animée à uneexpression plus foible ou plus vague, ne balancera jamais sur le choixentre abattre ou détruire la liberté. Détruire peut être le mot proprede la prose; abattre , qui fait image, doit être celui delà poésie. (P.)
2 Cette pensée est trop emphatique. Ptoîomée peut-il dire qu’ils’immortalisera par un assassinat! Cette illusion qu’il se fait est-ellebien dans la nature! les raisons qu’il en apporte sont-elles de vraiesraisons? les nations seront-elles moins esclaves pour être esclaves du