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POMPÉE.
Qu’il plaise au ciel ou non, laissez-m’en le souci.
Je crois qu’il veut sa mort, puisqu’il l’amène ici.
ÀCHILLAS.
Seigneur, je crois tout juste alors qu’un roi l’ordonne.
PTOLOMÉE.
Allez, et hâtez-vous d’assurer ma couronne;
Et vous ressouvenez que je mets en vos mainsEe destin de l’Égypte et celui des Romains.
SCÈNE IL
PTOLOMÉE, PHOTIN.
PTOLOMÉE.
Photin, ou je me trompe, ou ma sœur est déçue.
De l’abord de Pompée elle espère autre issue 1 .
Sachant que de mon père il a le testament,
Elle ne doute point de son couronnement;
Elle se croit déjà souveraine maîtresseD’un sceptre partagé que sa bonté lui laisse 2 ;
Et, se promettant tout de leur vieille amitié,
De mon trône en son ame elle prend la moitié 3 ,
maître de Rome? S’exprimer ainsi c’est substituer une amplification derhétorique à la solidité d’un conseil d’Etat. Quel est le souverain quidirait: Allons nous immortaliser par un illustre crime? La tragédiedoit être l’imitation embellie de la nature. Ces défauts dans le détailn’empêchent pas que le fond de cette première scène ne soit une desplus belles expositions qu’on ait vues sur aucun théâtre. Les anciensn’ont rien qui en approche ; elle est auguste, intéressante, importante ;elle entre tout d’un coup en action : les autres expositions ne fontqu’instruire du sujet de la pièce, celle-ci en est le nœud ; placez-la dansquelque acte que vous vouliez, elle sera toujours attachante : c’est laseule qui soit dans ce goût. (Y.)
1 Autre issue ne se dit que dans le style’comique. Il faut, dans le stylenoble, une autre issue. On ne supprime les articles et les pronoms quedans ce familier qui approche du style marotique, sentir joie, fairemauvaise fin, etc. Observez encore qu’tsswe n’est pas le mot propre.Un abord n’a point d’issue. Il faut toujours ou le mot propre, ou unemétaphore noble. (V.)
2 On ne sait, par la construction, à quoi se rapporte sa bonté. (V.)
3 Ce raot prend n’est pas assez noble. (V.)