ACTE I, SCÈNE III. 453
Où de son vain orgueil les cendres ralluméesPoussent déjà dans l’air de nouvelles fumées
PHOTIN.
Seigneur, c'est un motif que je ne disois pas,
Qui devoit de Pompée avancer le trépas.
Sans doute il jugeroit de la sœur et du frèreSuivant le testament du feu roi votre père-,
Son hôte et son ami, qui l’en daigna saisir :
Jugez après cela de votre déplaisir 1 2 3 .
Ce n’est pas que je veuille, en vous parlant contre elle,Rompre les sacrés nœuds d’une amour fraternelle;
Du trône et non du cœur je la veux éloigner,
Car c’est ne régner pas qu’être deux à régner 4 :
Un roi qui s’y résout est mauvais politique;
Il détruit son pouvoir quand il le communique ;
Et les raisons d’État... Mais, seigneur, la voici.
SCÈNE ni.
PTOLOMÉE, CLÉOPÂTRE, PHOTIN.
CLÉOPÂTRE.
Seigneur, Pompée arrive, et vous êtes ici !
PTOLOMÉE.
J’attends dans mon palais ce guerrier magnanime,
1 Jamais un orgueil n’eut de cendres; ces fumées, poussées par lescendres de l’orgueil, ne sont guère plus admissibles. Tout ce qui n’estpas naturel doit être banni de la poésie et de la prose. ( V.)
2 Le feu roi votre père est trop prosaïque, et il y a un enjambe-ment que les règles de notre poésie ne souffrent point dans le stylesérieux des vers alexandrins. Qui Ven daigna saisir est un terme dechicane. Ma partie est saisie de ce testament. On a saisi ma partie deces pièces. (Y.)
3 Ce vers n’a pas un sens clair. Est-ce du déplaisir qu'a eu Ptoloméc?On ne peut dire à un homme, jugez de la peine que vous avez eue :est-ce du déplaisir qu’il aurai il fallait donc l’exprimer, et dire ‘jugezde votre déplaisir si Pompée venait mettre Cléopâtre sur le trône : deplus, cette raison de Photin peut être alléguée contre César bien plusque contre Pompée. (V.)
4 C’est exprimer bassement ce qui demande de l’élévation. (V.)
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