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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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Ul POMPÉE.

Oui, tout victorieux il m’écrit de Pharsale ' ;

Et si sa diligence à ses feux est égale,

Ou plutôt si la mer ne s’oppose à ses feux -,

L'Égypte le va voir me présenter ses vœux.

Il vient, ma Charmion, jusque dans nos murailles,

Chercher auprès de moi le prix de ses batailles,

M’offrir toute sa gloire, et soumettre à mes loisCe cœur et cette main qui commandent aux rois :

Et ma rigueur, mêlée aux faveurs de la guerre,

Feroil un malheureux du maître de la terre.

CHAM1I0N.

J’oserois bien jurer que vos charmants appasSe vantent d’un pouvoir dont ils n’useront pas 3 ,

Et que le grand César n’a rien qui l’importuneSi vos seules rigueurs ont droit sur sa fortune k .

ménagement : jusqu’à ce qu’enfin, dans son Art poétique, il alla jus-qu’à dire :

Et, si le roi des Huns ne lui charme l’oreille,

Traiter de visigoths tous les vers de Corneille.

Il naurait jamais parlé ainsi de Racine, le seul qui eut toujours unstyle noble et pur. (V.) — Ce n’est point dans son Art poétique, oùces vers n’eussent pas été convenables, mais dans la Satire à so?i Es-prit, que Boileau les a placés. (P.)

1 II faut dire, Oui , tout vainqueur qu’il esi. (V.)

2 Cette opposition de la mer et des feux est un jeu de mots puéril,auquel l’auteur n’a peut-être pas pensé. Ce n’est pas assez de ne paschercher ces petitesses, il faut prendre garde que le lecteur ne puisseles soupçonner. (Y.)

3 Discours de soubrette; mais Cléopâtre, qui espère avoir un enfantde César, s’exprime en femme abandonnée. (Y.)— Ce qui termine cetteremarque n’a plus d’objet. Cléopâtre ne s'exprime point en femmeabandonnée. La critique de Yoltaire tombe sur des vers qui se trou-voîent dans les premières éditions de Corneille, et qu’il supprima de-puis. Yoltaire cite ces vers à la page suivante, et pouvoit se dispenserde les citer. (P.)

4 Toutes ces expressions sont fausses et alambiquées. Des rigueursn'ont point de droit, elles n’en ont point sur la fortune de César ; etce César qui n’a rien qui importune est comique. J’avoue qu’on estétonné de tant de fautes, quand on y regarde de près. Remarquons-Jes, puisqu’il faut être utile ; mais songeons toujours que Corneille ades beautés admirables, et que s’il a bronché dans la carrière, c’est lui