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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE II, SCÈNE III. 455

Et qui voyoil encore en ces derniers hasardsL’un et l’autre consul suivre ses étendards;

Sitôt que d’un malheur sa fortune est suivie,

Les monstres de l’Égypte ordonnent de sa vie :

On voit un Achillas, un Septime, un Photin,

Arbitres souverains d’un si noble destin ;

Un roi qui de ses mains a reçu la couronneA ces pestes de cour lâchement l’abandonne.

Ainsi finit Pompée; et peut-être qu’un jourCésar éprouvera même sort à son tour 1 .

Rendez l’augure faux, dieux qui voyez mes larmes,

Et secondez partout et mes vœux et ses armes!

CHARMION.

Madame, le roi vient, qui pourra vous ouïr.

SCÈNE III.

PTOLOMÉE,CLÉOPÂTRE, CHARMION.

PTOLOMÉE.

Savez-vous le bonheur dont nous allons jouir,

Ma sœur ?

CLÉOPÂTRE.

Oui, je le sais, le grand César arrive :

Sous les lois de Photin je ne suis plus captive.

PTOLOMÉE.

Vous haïssez toujours ce fidèle sujet?

rimes, si souvent rebattues, qu’il n’y avait que tonnerre et guerre quipussent rimer à terre , à cause des deux rr qui se trouvent dans cesmots ; on n’a pas fait réflexion que ce double r ne se prononce pas.Abhorre, qui a deux rr, rime très bien avec adore et honore, qui n’enont qu’un. L’usage fait tout; mais c’est un usage bien condamnablede se donner des entraves si ridicules. La rime est faite pour l’oreille.On prononce terre comme père, mère; et puisque abhorre rime avecadore, terre doit rimer avec mère. (V.)

1 Cette idée est fort belle, et d’autant plus convenable, que le jourmême on conspire contre César. {V.) — Elle l’est encore par une autreraison : c’est qu’on peut la regarder comme un pressentiment prophé-tique de la mort de César, qui fut en effet assassiné comme Pompée.Les poètes n’ont jamais négligé ces espèces de prédiction. (P.)