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POMPÉE.
PTOLOMÉE.
Quoi! pour voir sur sa tête éclater ma couronne?
Sceptre, s’il faut enfin que ma main t’abandonne,
Passe, passe plutôt en celle du vainqueur l .
PHOT1N.
Vous l’arracberez mieux de celle d’une sœur.
Quelques feux que d’abord il lui fasse paroître,
Il partira bientôt, et vous serez le maître.
L’amour à ses pareils no donne point d’ardeur sQui ne cède aisément aux soins de leur grandeur :
Il voit encor l’Afrique et l'Espagne occupéesPar Juba, Scipion, et les jeunes Pompées;
Et le monde à ses lois n’est point assujetti,
Tant qu’il verra durer ces restes du parti.
Au sortir de Pharsale un si grand capitaineSauroit mal son métier s’il laissoit prendre haleine,
Et s’il donnoit loisir à des cœurs si hardisDe relever du coup dont ils sont étourdis 3 :
S’il les vainc, s’il parvient ofi son désir aspire*,
Il faut qu’il aille à Rome établir son empire,
Jouir de sa fortune et de son attentat,
Et changer à son gré la forme do l’État.
Jugez durant ce temps ce que vous pourrez faire.
Seigneur, voyez César, forcez-vous à lui plaire;
Et, lui déférant tout, veuillez vous souvenirQue les événements régleront l’avenir.
Remettez en ses mains trône, sceptre, couronne 5 ,
Et, sans en murmurer, souffrez qu’il en ordonne :
Il en croira sans doute ordonner justement,
En suivant du feu roi l’ordre et le testament;
L’importance d’ailleurs de ce dernier serviceNe permet pas d’en craindre une entière injustice.
Quoi qu’il en fasse enfin, feignez d’y consentir,
1 II faut avoir l’atten'ion d’éviter ces façons de parler employéesdans le style bas ; passe, passe fait un effet ridicule. (V.)
2 Uamour qui donne de Yardeur ! (V.)
s On relève de maladie, on ne relève pas d’un coup. ( V.)
* Evitez toujours ces syllabes rudes et sèches. (V.)
5 Ce ne sont point trois choses différentes, c’est la même idée soustrois diverses figures j c’est un pléonasme, une négligence. (V.)