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ACTE II, SCENE IV.
Louez son jugement, et laissez-le partir.
Après, quand nous verrons le temps propre aux vengeances.Nous aurons et la force et les intelligences.
Jusque-là réprimez ces transports violentsQu’excitent d’une sœur les mépris insolents :
Les bravades enfin sont des discours frivoles,
Et qui songe aux effets néglige les paroles.
PTOLOMÉE.
Ah! tu me rends la vie et le sceptre à la foisUn sage conseiller est le bonheur des rois.
Cher appui de mon trône, allons, sans plus attendre,
Offrir tout à César, afin de tout reprendre;
Avec toute ma flotte allons le recevoir,
Et par ces vains honneurs séduire son pouvoir 1 .
1 Notre targue ne permet guère qu’on applique à des choses inani-niées des verbes qui ne sont appropriés qu’à des choses animées. Onséduit un homme ; et, par une métaphore très j nste, on séduit sa pas-sion : mais quand on séduit un homme puissant, ce n’est pas son pou-*voir qu’on séduit. Cette impropriété de termes est souvent ce quirévolte le lecteur, sans qu’il s'aperçoive d’où naît son dégoût. Lespoètes comme Boileau et Racine, qui n’emploient jamais que des mé-taphores justes, qui écrivent toujours purement, sont lus de tout lemonde, et il n’y a pas un seul de leurs vers que les amateurs ne reli-sent cent fois, et ne sachent par cœur ; mais on ne lit des autres quequelques endroits de génie, dont la beauté supérieure s’élève au-desaus des règles de la syntaxe et de la correction du style. (V.}
FIN DU SECOND ACTE.