T” 2 POMPÉE.
Qu’à mon impatience elle semble cruelle !
O ciel ! et ne pourrai-je enfin à mon amourDonner en liberté ce qui reste du jour?
SCÈNE IV.
CÉSAR, CORNÉLIE, ANTOINE, LÉPIDE, SEPTIME.
Seigneur...
SEPTIME.
CÉSAK.
Allez, Septime, allez vers votre maître;César ne peut souffrir la présence d'un traître,D’un Romain lâche assez pour servir sous un roi,Après avoir servi sous Pompée et sous moi 1 .
(Septime rentre.)
CORNÉLIE.
César, car le destin, que dans tes fers je brave,Me fait ta prisonnière, et non pas ton esclave 2 ,
du froid sur la pièce. D’ailleurs, après la mort de Pompée, la tragédiene roule plus que sur un rendez-vous de César avec Cléopâtre, sur unebonne fortune : tout devient hors-d’œuvre : il n’y a ni nœud, ni in-trigue. Cornéüe n’arrive que pour déplorer la mort de son mari; maistelle est la beauté de son rôle, qu’elle soutient presque seule la dignitédelà pièce. (V.)
1 Ces quatre vers de César à Septime relèvent tout d’un coup le ca-ractère de César, et le rendent digne d’écouter Cornélie.
2 Cornélie doit-elle dire à César qu’elle est sa prisonnière, et nonpas son esclave! n’est-ce pas une chose assez reconnue par César!Jamais les Romains vaincus par des Romains ne furent mis dans l’es-clavage. Elle se vante d’appeler César par son nom, et de ne pointl’appeler seigneur : mais le nom de seigneur n’était donné à personne ;c’est un terme dont nous nous servons au théâtre français, et dont Cor-nélie abuse; il vient du mot latin senior, et nous l’avons adopté pouren faire un titre honorifique. Cornélie peut-elle s’excuser de ne pasdonner à un Romain un titre français! doit-elle enfin faire remarquerà César qu’elle parle comme tout le monde parlait alors! n’est-ce pasune petite attention de Cornélie à faire voir qu’elle veut mettre de lagrandeur où il n’y a rien que de très ordinaire! Cette affectation, dit lejudicieux marquis de Vauvenargues, homme trop peu connu et qui atrop peu vécu, cette affectation est le principal défaut de notre théâtre,