Si
LE MENTEUR.
CLARICE.
Jusqu’à vous marier quand je sais que vous l’êtes.
DORANTE.
Moi, marié !.ce sont pièces qu’on vous a faites;Quiconque vous l’a dit s’est voulu divertir.
CLARICE, à Lucrèce,
Est-il un plus grand fourbe?
LUCRÈCE , à Clarice.
Il ne sait que mentir.
DORANTE.
Je ne le fus jamais; et si, par cette voie,
On pense...
CLARICE.
Et vous pensez encor que je vous croie ?
DORANTE.
Que la foudre à vos yeux m’écrase si je mens!
CLARICE.
Un menteur est toujours prodigue de serments.
DORANTE.
Non, si vous avez eu pour moi quelque penséeQui sur ce faux rapport puisse être balancée,
Cessez d etre en balance, et de vous délierDe ce qu’il m’est aisé de vous justifier.
CLARICE, à Lucrèce.
On tliroit qu’il dit vrai, tant son effronterieAvec naïveté pousse une menterie.
DORANTE.
Pour vous ôter de doute, agréez que demainEn qualité d’époux je vous donne la main.
CLARICE.
Hé ! vous la donneriez en un jour à deux mille.
DORANTE.
Certes, vous m’allez mettre en crédit par la ville,Mais en crédit si grand, que j’en crains les jaloux.
CLARICE.
C’est tout ce que mérite un homme tel que vous,
Un homme qui se dit un grand foudre de guerre,
Et n’en a vu qu’à coups d écritoire ou de verre;
Qui vint hier de Poitiers, et conte, à son retour,
Que depuis une année il fait ici sa cour;