ACTE IV, SCÈNE I. (il
A lui faire présent mes efforts seroient vains 1 ;
Elle a le cœur trop bon : mais ses gens ont des mains;
Et, bien que sur ce point elle les désavoue,
Avec un tel secret leur langue se dénoue :
Ils parlent; et souvent on les daigne écouter.
A tel prix que ce soit, il m’en faut acheter.
Si celle-ci venoit qui m’a rendu sa lettre 2 ,
Après ce qu’elle a fait j’ose tout m’en promettre ;
Et ce sera hasard si sans beaucoup d’effortJe ne trouve moyen de lui payer le port.
Certes, vous dites vrai, j'en juge par moi-même :
Ce n’est point mon humeur de refuser qui m’aime ;Et comme c’est m’aimer que me faire présent,
Je suis toujours alors d’un esprit complaisant.
DORANTE.
Il est beaucoup d’humeurs pareilles à la tienne.
CLITON.
Mais, monsieur, attendant que Sabine survienne,
Et que sur son esprit vos dons fassent vertu 3 ,
Il court quelque bruit sourd qu’Alcippe s’est battu.
DORANTE.
Contre qui?
CI.ITON.
L’on ne sait, mais ce confus murmureD'un air pareil au vôtre à peu près le ligure;
Et, si de tout le jour je vous avois quitté,
Je vous soupçonuerois de cette nouveauté.
DORANTE.
Tu ne me quittas point pour entrer chez Lucrèce !
scène du troisième. Voltaire mit trop de précipitation dans quelquesparties de son travail ; ces observations en sont la preuve. (P.)
1 II faut dire : faire un ■présent , ou faire présent de quelque chose.
(N.)
2 Ce vers n’est pas français ; il faudrait celle-là, ou celle. Celle nedoit point se séparer du qui; mais ce n’est qu’une petite faute. (V.)
s On dit : se faire une vertu , faire une vertu d'un vice : mais fairevertu , quand il signifie faire effet , n’est plus d’usage ; ci faire vertusur quelque chose est un barbarisme. (T.)