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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE IV, SCÈNE IV.

Qui tous à prononcer sont si fort difficiles,

Que ce seroit pour toi des trésors inutiles.

CLITON.

Vous savez donc l’hébreu?

DORANTE.

L’hébreu"! parfaitement :J'ai dix langues, Cliton, à mon commandement.

CLITON.

V ous auriez bien besoin de dix des mieux nourries,Pour fournir tour à tour à tant de menteries;

Vous les hachez menu comme chair à pâtés'.

Vous avez tout le corps bien plein de vérités,

H n’en sortjamais une.

DORANTE.

Ah! cervelle ignorante!

Mais mon père survient.

SCENE IV.

GÉRONTE, DORANTE, CLITON.

GÉRONTE.

Je vous cherchois, Dorante.

DORANTE.

Je ne vous cherchois pas, moi. Que mal à proposSon abord importun vient troubler mon repos 1 2 !

Et qu’un père incommode un homme de mon âge 3 !

GÉRONTE.

Vu l’étroite union que fait le mariage,

1 Ces vers ne paraissent-ils pas d’un genre de plaisanterie trivial, etmême trop bas pour le ton général de Ja pièce 1 (V.)

2 II ne peut pas dire qu’il est en repos : il ne pourrait trouver sonpère incommode qu’en cas qu’il sût que son père vient troubler sonamour : il serait excusable alors par l’excès de sa passion • mais il n’ade véritable passion que celle de mentir assez mal à propos. (Y.)

3 Corneille auroit pu se dispenser de donner à Dorante, dont il avoulu faire un personnage agréable, ce sentiment très immoral d’irré-vérence envers son père. Cette remarque n’eût pas été déplacée dans lecommentaire de Voltaire. (P.)