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KÜDOGUNE.
Et, pour vous dire enfin ce que je m’imagine,
Le prince..
RODOGUNE.
Garde-toi de nommer mon vainqueur :
Ma rougeur trahiroit les secrets de mon cœur ',
Et je te voudrois mal de cette violenceQue ta dextérité feroit à mon silence;
Même de peur qu’un mot par hasard échappéTe fasse voir ce cœur et quels traits l’ont frappé,
Je romps un entretien dont la suite me blesse :
Adieu ; mais souviens-toi que c’est sur ta promesseQue mon esprit reprend quelque tranquillité.
LAONICE.
Madame, assurez-vous sur ma fidélité.
t Remarquez que tous les discours de Rodogune sont dans le carac-tère d’une jeune personne qui craint de s’avouer à elle-même les senti-ments tendres et honnêtes dont son cœur est touché. Cependant Ro-dogune n’est point jeune : elle épousa Nicanor lorsque les deux frèresétaient en bas âge; ils ont au moins vingt ans. Cette rougeur, cettetimidité, cette innocence, semblent donc un peu outrées pour son âge ;elles s’accordent peu avec tant de maximes de politique ; elles con-viennent encore moins à une femme qui bientôt demandera la tête desa belle-mère aux enfants mêmes de cette belle-mère. (V.)
FIN DU PREMIER ACTE.