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RODOGÜNE.
Nous avons en son cœur vous et moi peu de part :
Elle fait bien sonner ce grand amour de mère 1 ;
Mais elle seule enfin s’aime et se considère,
Et quoi que nous étale un langage si doux,
Elle a tout fait pour elle, et n’a rien fait pour nous.
Ce n’est qu’un faux amour que la haine domine;
Nous ayant embrassés, elle nous assassine,
En veut au cher objet dont nous sommes épris,
Nous demande son sang, met le trône à ce prix.
Ce n’est plus de sa main qu’il nous le faut attendre ;
Il est, il est à nous si nous osons le prendre :
Notre révolte ici n’a rien que d’innocent;
Il est à l’un de nous si l’autre le consent 2 :
Régnons, et son courroux ne sera que foiblesse ;
C’est l’unique moyen de sauver la princesse :
Allons la voir, mon frère, et demeurons unis;
C’est l’unique moyen de voir nos maux finis.
Je forme un beau dessein, que son amour m'inspire;
Mais il faut qu’avec lui notre union conspire :
Notre amour, aujourd’hui si digne de pitié,
Ne sauroit triompher que par notre amitié.
ANTIOCHUS.
Cet avertissement marque une défianceQue la mienne pour vous souffre avec patience.
Allons, et soyez sûr que même le trépas
Ne peut rompre des nœuds que l’amour ne rompt pas.
pareil d’une douleur qu’on étale ; mais on ne peut mettre réellement dutard sur des larmes : cette figure n’est pas juste , parcequ’elle n’estpas vraie. (V.)
1 Cette expression est trop triviale; de plus, il ne faut pas unegrande pénétration pour deviner qu’une femme si criminelle ne tra-vaille que pour elle seule. fV.}
2 Le consent n’est pas français; mais ce seul vers suffit pour dé-montrer combien Cléopâtre a été imprudente avec ses deux enfants.
(V.)
VIS DU SECOND ACTE.