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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ROnOGUNE.

Slïl.EUCüS.

C’est ou O’elle ou du trône être ardemment épris,

Que vouloir ou l’aimer ou régner à ce prix L

ANTIOCHUS.

C'est et d’elle et de lui tenir bien peu de compteQue faire une révolte et si pleine et si prompteséleucus.

Lorsque l’obéissance a tant d'impiété,

La révolte devient une nécessité.

ANTIOCHUS.

La révolte, mon frère, est bien précipitée 4Quand la loi qu’elle rompt peut être rétractée 3 ;

Et c’est à nos désirs trop de témérité 6I)e vouloir de tels biens avec facilité :

Le ciel par les travaux veut qu’on monte à la gloire ;

Pour gagner un triomphe il faut une victoire L

n'est-elle pas blessée’ Nous ne nous permettrions pas, en parlant d’unmauvais vers de Voltaire, d’écrire qu’il n’y a rien de si plat. ( P.)

1 On ne sait, par la construction, si c’est au prix du sang de samère. (V.)

2 Lui se rapporte au trône; mate on ne se sert pas de ce pronompour les choses inanimées. Ces vers jettent de l’obscurité dans le dia-logue : tenir bien peu de compte d'un trône, termes d’une prose ram-pante. (V.)

3 Faire une révolte contre une femme qui a imaginé quelque chosede si noir ! cette expression ne serait pas pardonnée à Céladon ; faireune révolte n’est pas français.

* La révolte., trois fois répétée, rebute trois fois dans une telle cir-constance ; on voit que cette idée de traiter de souveraine et de divi-nité une maîtresse qui exige un parricide est indigne non-seulementd’un héros, mais de tout honnête homme. — Non-seulement cet amourromanesque est froid et ridicule, mais cette dissertation sur le respectet l’obéissance qu’on doit à l’objet aimé, quand cet objet aimé ordonnede sang-froid un parricide, est peut-être ce qu’il y a de plus mauvaisau théâtre, aux yeux des connaisseurs. (V.)

3 On ne rompt point une loi ; on ne la rétracte pas; révoquer est lemot propre: on rétracte une opinion. (V.)

6 Que veut dire ce trop de témérité à ses désirs, de vouloir de telsbiens f de quels biens a-t-on parlé 1 de quelle gloire s’agit-il? que pré-tend-il par ces sentences! Si Rodogune a fait ce qu’elle ne devait pasf ire, Antiochus dit ce qu’il ne devrait pas dire. I V.)

T On gagne une victoire et non un triomphe. (V.) — Cette observa-