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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE III, SCÈNE V. I7f

Mais que je tâche en vain de flatter nos tourments!

Nos malheurs sont plus forts que ces déguisements 1.

Leur excès à mes yeux paroît un noir abîme 2 ,

Où la haine s’apprête à couronner le crime,

Où la gloire est sans nom, la vertu sans honneur.

Où sans un parricide il n’est point de bonheur ;

Et, voyant de ces maux l’épouvantable image,

Je me sens affoiblir quand je vous encourage;

Je frémis, je chancelle, et mon cœur abattuSuit tantôt sa douleur, et tantôt sa vertu.

Mon frère, pardonnez à des discours sans suite,

Qui font trop voir le trouble où mon ame est réduite.SÉLEUCCS.

J'en ferois comme vous, si mon esprit troublé sNe secouoit le joug dont il est accablé.

Dans mon ambition, dans l’ardeur de ma flamme,

Je vois ce qu’est un trône, et ce qu’est une femme 4;

Et, jugeant par leur prix de leur possession,

J’éteins enün ma flamme et mon ambition ;

Et je vous céderois l’un et l’autre avec joie,

Si, dans la liberté que le ciel me renvoie,

La crainte de vous faire un funeste présent

tion manque d’exactitude : on remporte une victoire, un triomphe, ongagne une bataille. (P.)

1 Un déguisement n’est point fort : il faut toujours, ou le mot propre,ou une métaphore juste. Antiochus veut dire qu’iL ne peut se dissi-muler ses malheurs. (Y.)

2 Un ahrniti noir oit. la haine s'apprête! et une gloire sans nom !on dit hirn un nom sans gloire; mais gloire sans nom n’a pas desens. {Y.!

J’en ferois connue vous

n’est pas français, et je ferais comme vous est du style de la comédie.

lV.|

II voit bien ce qu’est Rodogune ; mais il n'y a jamais eu que cettefemme au monde qui ait dit, tuez votre mire , si vous voulez que jevous épouse. Le tronc n‘a rien de commun avec la monstrueuse idéede la douce Rodogune. Ce qu’il y a de pis, c’est que toi s les raison-nements d'Antioclius et de Séleaeus ne produisent rien : ils dissertent.;les deux frères ne prennent aucune résolution, et le malheur de leurpersonnage jusqu’ici est de ne rien faire, et d'attendre ce qu'en ferad'eux. (Y.)