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ACTE IV, ACTE VI.
I)e qui se rend trop tôt on doit craindre une embûche;
Et c’est mal démêler le cœur d’avec le front *,
Que prendre pour sincère un changement si prompt.
L’effet te fera voir comme je suis changée.
SCÈNE VL
CLEOPATRE, SÉLEUCUS.
CLÉOPÂTRE.
Savez-vous, Séleucus, que je me suis vengée ?
SÉLEUCUS.
Pauvre princesse, hélas 2 !
CLÉOPÂTRE.
Vous déplorez son sort !
Quoi! l’aimiez-vous?
SÉLEUCUS.
Assez pour regretter sa mort *.
CLÉOPÂTRE.
Vous lui pouvez servir encor d’amant fidèle;
Si j’ai su me venger, ce n’a pas été d’elle.
SÉLEUCUS.
O ciel ! et de qui donc, madame?
ne balance pas à condamner la timidité de nos poëtes, qui n’osentpresque plus se permettre ces transpositions. « Pour peu qu’ils con-tt tinuent, dit-il, à ne vouloir que des tours prosaïques, nous n’aurons« plus de vers. » Il fait des vœux pour que des mots qui passent pourvieillis dans la prose ne soient pas abandonnés de nos poëtes ; et il citeen effet quelques uns de ces mots, qui sont encore, en vers, d’un ex-cellent usage. Enfin il desire, en homme de goût, que notre poésie soitplus attentive à maintenir ses privilèges. {P.)
1 Je crois qu’il eût fallu distinguer au lieu de démêler ; car le cœuret le front ne sont point mêlés ensemble. Je ne vois pas pourquoi elles’applaudit de tromper toujours sa confidente; doit-elle penser à elledans ce moment d’horreur? (V.)
2 Cette réponse est insoutenable ; la bassesse de l’expression s’y jointù une indifférence qu’on n’attendait pas d’un homme amoureux ; on neparlerait pas ainsi de la mort d’une personne qu’on connaîtrait àpeine : il croit que sa maîtresse est assassinée, et il dit, Pauvre ■prin-cesse! (Y.)
3 Enchérit encore sur cette faute. (Y.j