ACTE V, SCÈNE IV. 209
Vous l’accusiez pourtant, quand votre ame alarméeCraignoit qu’en expirant ce fils vous eût nommée :
Mais de ses derniers mots voyant le sens douteux*
Vous avez pris soudain le crime entre nous deux.
Certes, si vous voulez passer pour véritableQue l’une de nous deux de sa mort soit coupable,
.le veux bien par respect ne vous imputer rien ;
Mais votre bras au crime est plus fait que le mien ;
Et qui sur un époux lit son apprentissageA bien pu sur un fils achever son ouvrage.
Je ne dénierai point, puisque vous les savez,
De justes sentiments dans mon ame élevés;
Vous demandiez mon sang ; j’ai demandé le vôtre :
I.e roi sait quels motifs ont poussé l’une et l’autre ;
Comme par sa prudence il a tout adouci,
Il vous corinoît peut-être, et me commît aussi.
( à Antiochus. )
Seigneur, c’est un moyen de vous être bien clièreQue pour don nuptial vous immoler un frère :
On fait plus; on m’impute un coup si plein d’horreur,
Pour me faire un passage à vous percer le cœur.
( à Cléopâtre.)
Où fuirois-je de vous après tant de furie,
Madame ? et que feroit toute votre Syrie,
Où seule et sans appui contre mes attentats,
Je verrois?.... Mais, seigneur, vous ne m’écoulez pas!
ANTIOCHUS.
Non, je n’écoute rien ; et dans la mort d’un frèreJe ne veux point juger entre vous et ma mère :
Assassinez un lils, massacrez un époux,
Je ne veux me garder ni d’elle ni de vous.
Suivons aveuglément ma triste destinée;
Pour m’exposer à tout achevons l’hyménée.
Cher frère, c’est pour moi le chemin du trépas;
La main qui t’a percé ne m’épargnera pas;
Je cherche à te rejoindre, et non à m’en défendre,
Et lui veux bien donner tout lieu de me surprendre :Heureux si sa fureur qui me prive de toiSe fait bientôt connoîlre en achevant sur moi ',
I En achevant sur moi dépare un peu ce morceau, qui est très