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EXAMEN DE ROBOGUNE.
C’est à lui que je me suis attaché pour la narration que j’aimise au premier acte, et pour l'effet du cinquième, que j’aiadouci du côté d’ Antiochus. J’en ai dit la raison ailleurs. Lereste sont des épisodes d’invention, qui ne sont pas incompa-tibles avec l’histoire, puisqu’elle ne dit point ce que devintRodogune après la mort de Déinétrius, qui vraisemblable-ment l’amenoit en Syrie prendre possession de sa couronne.J’ai fait porter à la pièce le nom de celte princesse plutôt quecelui de Cléopâtre, que je n’ai même osé nommer dans mesvers, de peur qu’on ne confondit cette reine de Syrie aveccette fameuse princesse d’Égypte qui portoit même nom, etque l’idée de celle-ci, beaucoup plus connue que l’autre, nesemât une dangereuse préoccupation parmi les auditeurs.
On m’a souvent fait une question à la cour, quel étoit ce-lui de mes poèmes que j’estimois le plus ; et j’ai trouvé tousceux qui me l’ont faite si prévenus en faveur de Cinna ou duCid, que je n’ai jamais osé déclarer toute la tendresse que j’aitoujours eue pour celui-ci, à qui j’aurois volontiers donnémon suffrage, si je n’avois craint de manquer, en quelquesorte, au respect que je devois à ceux que je voyois pencherd’un autre côté. Celte préférence est peut-être en moi uneffet de ces inclinations aveugles qu’ont .beaucoup de pèrespour quelques uns de leurs enfants plus que pour les autres;peut-être y entre-t-il un peu d’amour-propre, en ce que cettetragédie me semble être un peu plus à moi que celles quil’ont précédée, à cause des incidents surprenants qui sontpurement de mon invention, et n’avoient jamais été vus authéâtre, et peut-être enfin y a-t-il un peu de vrai mérite quifait que cette inclination n’est pas tout à fait injuste. Je veuxbien laisser chacun en liberté de ses sentiments ; mais certai-nement on peut dire que mes autres pièces ont peu d’avan-tages qui ne se rencontrent en celle-ci : elle a tout ensemblela beauté du sujet, la nouveauté des fictions, la force .desvers, la facilité de l’expression, la solidité du raisonnement,la chaleur des passions, les tendresses de l’amour et del’amitié ; et cet heureux assemblage est ménagé de sortequ’elle s’élève d’acte en acte. Le second passe le premier, letroisième est au-dessus du second , et le dernier l’empoi te