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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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HÉRACL1US.

Elle entre.

CRISPE.

SCENE II.

PHOCAS, PULCHÉRIE, CRISPE.

PHOCAS.

Enfin, madame, il est temps de vous rendre.I.e besoin de l’État défend de plus attendre;

Il lui faut des Césars, et je me suis promisD’en voir naître bientôt de vous et de mon fils.

Ce n’est pas exiger grande reconnoissance

Des soins que mes bontés ont pris de votre enfance,

De vouloir qu’aujourd’hui, pour prix de mes bienfaits.Vous daigniez accepter les dons que je vous fais.

Ils ne font point de honte au rang le plus sublime;

Ma couronne et mon fils valent bien quelque estime ' :Je vous les offre encore après tant de refus;

Mais apprenez aussi que je n’en souffre plus,

Que de force ou de gré je veux me satisfaire 2 ,

Qu’il me faut craindre en maître, ou me chérir en père,Et que, si votre orgueil s’obstine à me haïr,

Qui ne peut être aimé se peut faire obéir.

PULCHÉRIE.

J’ai rendu jusqu’ici cette reconnoissance

Phocas parle très bien et très convenablement ; je ne sais si or. en peutdire autant de Pulchérie. V.)

1 Le rang le plus sublime ! et une couronne et u n fils qui valent del’estime! Est-ce là l’auteur des beaux morceaux de Cinna ! (V.i

2 Se satisfaire n’est pas le mot propre; on ne dit je veux me satis-faire que dans le discours familier ; je veux contenter mes goûts, mesinclinations, mes caprices.

Mais enfin dans la vie il faut se satisfaire.

Molière.

Je veux me satisfaire de gré est un pléonasme; et je veux me satis-faire de force est un contre-sens : on se fait obéir de gré ou de force ;mais on ne se satisfait pas de force. Phocas entend qu’il réduira degré ou de force Pulchérie ; mais il ne le dit pas, (VJ