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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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HÉRACLIUS.

Ajoutera bientôt sa mort à tant de crimes 1,

Et se sacrifiera pour nouvelles victimesCe prince dans son sein pour son fils élevé,

Vous qu’adore son ame, et moi qui l’ai sauvé.

Voyez combien de maux pour n’avoir su vous taire ir .

EUDOXE.

Madame, mon respect souffre tout d’une mère,

Qui, pour peu qu’elle veuille écouter la raison,

Ne m’accusera plus de celte trahison 3 ;

Car c’en est une enfin bien digne de supplice 4Qu’avoir d’uu tel secret donné le moindre indice

LÉONTINE.

Et qui donc aujourd’hui le fait connoître à tous ?

Est-ce le prince, ou moi ?

EUDOXE.

Ni le prince, ni vous.

De grâce, examinez ce bruit qui vous alarme.

On dit qu’il est en vie, et son nom seul les charme :

On ne dit point comment vous trompâtes Phocas,

Livrant un de vos fils pour ce prince au trépas,

Ni comme après, du sien étant la gouvernante,

Par une tromperie encor plus importante 6 ,

1 Par construction, c’est la mort de Phocas ; pas le sens, c’est cellede Maurice. Il faut que la syntaxe et le sens soient toujours d’accord.

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2 Ce vers est encore bourgeois ; mais les précédents sont nobles,exacts, bien tournés, forts, précis, et dignes de Corneille. ( V.)

3 Cela ne donne pas d'abord une haute opinion de Léontine. Cettefemme, qui conduit toute l’intrigue, commence par se tromper, paraccuser sa fille mal à propos : cette accusation même est absolumentinutile pour l’intelligence et pour l’intérêt de la pièce. Léontine com-mence son rôle par une méprise et par des expressions indignes mêmede la comédie. (V.)

V Le mot de supplice paraît trop fort : et digne de supplice n’estpas français; c’est un barbarisme. (V. )

5 II faut absolument que d’avoir : c'est une trahison que d'avoirdonné un indice. Trahison qu’avoir donné est un solécisme. (Y.)

6 Ces mots, étant la gouvernante auprès * du sien, et tromperie ,sont comiques et bas, et ne donnent pas de Léontine une assez hauteidée. Voyez comme dans Alhalie le rôle de Josabet est ennobli,

’ Aucune des éditions publiées du virant de Corneille ne porte auprès.