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HËRACLIUS.
SCÈNE II.
HËRACLIUS, LÉONTINE, EUDOXE.
HÉRACLIUS.
Madame, il n’est plus temps de taireD'un si profond secret le dangereux mystère’ ;
Le tyran, alarmé d’un bruit qui le surprend,
Rend ma crainte trop juste, et le péril trop grand.
Non que de ma naissance il fasse conjecture;
Au contraire, il prend tout pour grossière imposture,
Et me commît si peu, que, pour la renverser -,
A l’hymen qu’il souhaite il prétend me forcer.
II m’oppose à mon nom qui le vient de surprendre :
Je suis lils de Maurice; il m’en veut faire gendre,
Et s’acquérir les droits d’un prince si chériEn me donnant moi-même à ma sœur pour mari*.
En vain nous résistons à son impatience,
Elle par haine aveugle, et moi par connoissance :
Lui, qui ne conçoit rien de l’obstacle éternelQu’oppose la nature à ce nœud criminel,
Menace Pulcliérie, au refus obtinée,
Lui propose à demain la mort ou l’hyménée.
J’ai fait pour le fléchir un inutile effort;
Tellement au premier acte ; on n’aime point à être si longtemps ensuspens : cette incertitude du spectateur nuit même toujours à l'in-térêt. On ne peut être ému des choses qu’on n’a pas bien conçues; etsi l'esprit se plaît à deviner l’intrigue, le cœur n’est pas touché. Quepour punir Phocas Dieu l’a ressuscité: voilà où il fallait une méta-phore, un tour noble qui sauvât ce ridicule. (V.)
1 Héraclius ne dit ici rien de nouveau à Léontine. Il ne s’est rienpassé de nouveau depuis la première scène du premier acte; maisl’embarras commence à croître dès qu’Héraclius veut se déclarer. Ilne dit rien, à la vérité, de tragique; il explique seulement l’embarrasoù est Phocas. (V.)
2 On ne renverse point une imposture ; on la confond. (V.J
3 Ce moi-même est de trop ; sans doute, si on le marie, on le marielui-même. Il fallait des expressions qui donnassent horreur de l’in-ceste. (A’.)