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ACTE II, SCÈNE V.
EXCPÈEE.
Ne craignez rien, madame, le voici.
LEONTINE.
Je ne vois que Léonce.
EXUPÈRE.
Ali! quittez l’artifice.
SCÈNE V.
MARTIAN, LÉONTINE, EXUPÈRE, EUDOXE.
MARTIAN.
Madame, dois-je croire un billet de Maurice?
Voyez si c’est sa main, ou s’il est contrefait ;
Dites s’il me détrompe, ou m’abuse en effet,
Si je suis votre fils, ou s’il étoit mon père :
Vous en devez connoltre encor le caractère.
LÉONTINE Ht le billet.
BILLET DE MAURICE.
« Léontine a trompé Phocas« Et, livrant pour mon fils un des siens au trépas,
« Dérobe à sa fureur l’héritier de l’empire.
« O vous qui me restez de fidèles sujets,
l C’est ici que l’intrigue se noue plus que jamais; c’est une énigmeà deviner. Ce Martian, cru Léonce, est-il fils de Maurice, ou de Pho-cas, ou de Léontine 1 Le spectateur cherche la vérité ; il est très occupésans être ému. Ces incertitudes n’ont pu encore produire ces grandsmouvements, cette terreur, ce pathétique, qui sont l’ame de la vraietragédie : mais nous ne sommes encore qu’au second acte. Il sembleque l’on aurait pu tirer un bien plus grand parti de l’invention de Cal-déron; rien n’était peut-être plus tragique et plus singulier que devoir deux héros, élevés dans les forêts, dans la pauvreté, dans l’igno-rance d’eux-mêmes, qui déploient à la première occasion leur caractèrede grandeur : ce sujet, traité avec la vraisemblance qu’exige notrethéâtre, aurait reçu de la main de Corneille les beautés les plus frap-pantes ; mais un billet de Maurice dans les mains de Léontine ne peutfaire ce grand effet; cela exige des vers de discussion qui énervent letragique et refroidissent le cœur : aussi la pièce est jusqu’à présentplutôt une affaire difficile à démêler qu’une tragédie. (Y.)
II.
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