266 HÉRACLIl'S.
« Honorez son grand zèle, appuyez ses projets!
« Sous le nom de Léonce Héraclius respire.
« Maurice. »
(Elle rend le billet à Exupère, qui le lui a donné, et continue.)
Seigneur, il vous dit vrai; vous étiez en mes mainsQuand ou ouvrit Byzance au pire des humains '.
Maurice m’honora de celte confiance :
Mon zèle y répondit par delà sa croyance :
Le voyant prisonnier et ses quatre autres fils,
Je cachai quelques jours ce qu’il m’avoit commis;
Mais enfin, toute prête à me voir découverte,
Ce zèle sur mon sang détourna votre perte 2 .
J’allai pour vous sauver vous offrir à Phocas;
Mais j’offris votre nom, et ne vous donnai pas 3 ."
La généreuse ardeur de sujette fidèle
Me rendit pour mon,prince à moi-même cruelle :
Mon fils fut, pour mourir, le fils de l’empereur.
J’éblouis le tyran, je trompai sa fureur :
Léonce, au lieu de vous, lui servit de victime.
(Elle fait un soupir.)
Ah! pardonnez, de grâce; il m'échappe sans crime 4 .
J’ai pris pour vous sa vie, et lui rends un soupir 5 ;
Ce n'est pas trop, seigneur, pour un tel souvenir :
A cet illustre effort par mon devoir réduite,
J’ai dompté la nature, et ne l’ai pas détruite.
Phocas, ravi de joie à cette illusion,
î On sent bien qu’il fallait une expression plus noble que pire deshumains. (V.)
8 Ce vers est trop obscur. Comment détourne-t-on la perte d’un autresur son sang! (V.)
3 Cette subtilité affaiblit le pathétique de l’image. (V.)
* Cela ne serait pas souffert à présent. II était aisé de mettre, par-donnez ce soupir , il m'échappe sans crime. Le mal est que ce soupird’une mère est accompagné d’une dissimulation qui affaiblit tout sen-timent tendre. Léontine ne se montre jusqu’ici qu’une intrigante qui avoulu jouer un rôle à quelque prix que ce fût. (Y.)
J’ai nris t>our vous sa vie, etc.
n’est pas français : il faut, j'ai donné sa vie pour vous, et non pas,j'ai pris. JY.)