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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE III, SCÈNE I.

Que l’issue en devienne ou funeste ou tardive,

Votre perte est jurée; et d’ailleurs nos amisAu tyran immolé voudront joindre ce fils.

Sauvez d’un tel péril et sa vie et la vôtre;

Par cet heureux hymen conservez l’un et l’autre;Garantissez ma sœur des fureurs de Phocas,

Et mon ami de suivre un tel père au trépas.

Faites qu’en ce grand jour la troupe d’ExupèreDans un sang odieux respecte mon beau-frère ;

Et donnez au tyran, qui n’en pourra jouir,

Quelques moments de joie afin de l’éblouir.

PULCHEBIE.

Mais durant ces moments, unie à sa famille,

Il deviendra mon père, et je serai sa fille;

Je lui devrai respect, amour, fidélité;

Ma haine n’aura plus d’impétuosité;

Et tous mes vœux pour vous seront mois et timidesQuand mes vœux contre lui seront des parricides.

Outre que le succès est encore à douter 1 ,

Que l’on peut vous trahir, qu’il peut vous résister;

Si vous y succombez, pourrai-je me dédireD’avoir porté chez lui les titres de l’empire ?

Ah! combien ces moments de quoi vous me flattezAlors pour mon supplice auroient d’éternités 2 !

1 Outra que ne doit jamais entrer dans un vers héroïque ; et lesuccès est à douter est un solécisme; on ne doute pas une chose, ellen’est pas doutée ; le verbe douter exige toujours le génitif, c’est-à-direla préposition de. (V.)

2 On n’a jamais dû, dans aucune langue, mettre le mot d'éternité aupluriel, excepté dans le dogmatique, quand on distingue mal à proposl’éternité passéè et l’éternité à venir, comme lorsque Platon dit quenotre vie est un point entre deux éternités ; pensée que Pascal a ré-pétée, pensée sublime, quoique dans la rigueur métaphysique elle soitfausse. Remarquez encore qu’on ne peut dire, ces moments de quoivoiis me flattez; cela n’est pas français : il faut, ces moments dont vousme flattez. Remarquez qu’une haine ne voit point l’erreur de sa ten-dresse; car comment une haine aurait-elle une tendresse! Pulchériedit encore que sa haine a les yeux mieux ouverts que celle de Mar-tian. Quel langage! et qu’est-ce encore qu’une mort ■propice à formerde beaux nœuds, et qui purifie un objet! Il n’est pas permis d’écrireainsi. (V.)

ir.

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