297
ACTE IV, SCÈNE II,
Seigneur.
HÉRACLIUS.
PHOCAS.
Je sais pour lui quelle est ton amitié ;
Mais je veux que toi-même, ayant bien vu son crime,Tiennes ton zèle injuste, et sa mort légitime.
( aux gardes. )
Qu’on le lasse venir. Pour en tirer l’aveu 1Il ne sera besoin ni du fer ni du feu.
Loin de s’en repentir, l’orgueilleux en fait gloire.
Mais que me diras-tu qu’il ne me faut pas croire?Eudoxe m’en conjure, et l’avis me surprend.Aurois-tu découvert quelque crime plus grand ?
HÉRACLIUS.
Oui, sa mère a plus fait contre votre serviceQue ne sait Exupère, et que n’a vu Maurice.
PHOCAS.
La perfide ! Ce jour lui sera le dernier 2 .
Parle.
HÉRACLIUS.
J’achèverai devant le prisonnier.
Trouvez bon qu’un secret d’une telle importance,Puisque vous le mandez, s’explique en sa présence.
PHOCAS.
Le voici. Mais surtout ne me dis rien pour lui.
1 Pour en tirer Vaveu est une faute ; cet en ne peut se rapporterqu’à Martian, dont on parle; mais en tirer Vaveu signifie tirer Vaveu4e quelque chose : il fallait donc dire quel est cet aveu qu’on veuttirer. (V.) — Phocas vient de parler du crime dont il suppose Martiancoupable : c’est l’aveu de ce crime qu’il espère tirer de lui, sans qu’ilsoit besoin, comme il le dit, ni du fer ni du feu. Le sens nous paroîttrès clair, et le mot crime n’est pas assez éloigné pour laisser aucundoute sur ce que Corneille a voulu dire. (P.)
2 Cela n’est pas français : Ce jour est mon dernier jour, et non pasm’est le dernier jour. (Y.)
n.
20