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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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HÉRACL1US.

PHOCAS.

N’importe, fais-nous voir quelle liaute prudenceEn des temps si divers leur en fait confidence,

A l’un depuis quatre ans, à l’autre d’aujourd’hui.

LEONTINE.

Le secret n’en est su ni de lui, ni de lui;

Tu n’en sauras non plus les véritables causes :

Devine, situ peux, et choisis si tu l’oses.

L’un des deux est ton fils, l’autre est ton empereur.Tremble dans ton amour, tremble dans ta fureur.

•le te veux toujours voir, quoi que la rage fasse,

Craindre ton ennemi dedans ta propre race,

Toujours aimer ton fils dedans ton ennemi,

Sans être ni tyran, ni père qu’à demi.

Tandis qu’aulour des deux tu perdras ton étude,

Mon ame jouira de ton inquiétude :

Je rirai de ta peine, ou, si tu m’en punis,

Tu perdras avec moi le secret de ton fils.

PHOCAS.

Et si je les punis tous deux sans les connoître,

L’un comme Iléraclius, l’autre pour vouloir l’être ?

LÉONTINE.

Je m’en consolerai quand je verrai PhocasCroire affermir son sceptre eu se coupant le bras,

Et de la même main son ordre tyrannique 1Venger Iléraclius dessus son fils unique.

PHOCAS.

Quelle reeonnoissance, ingrate, tu me rendsDes bienfaits répandus sur toi, sur tes parents,

De t’avoir confié ce fils que tu me caches,

D’avoir mis en tes mains ce cœur que tu m’arraches,D’avoir mis à tes pieds ma cour qui l’adoroit !

Rends-moi mon fils, ingrate.

LÉONTINE.

Il m’en désavoueroit;

Et ce fils, quel qu’il soit, que tu ne peux connoître,

1 Un ordre n’a point de main, et fa phrase est trop incorrecte : Jeverrai Phocas se couper le bras, et son ordre venger Iléraclius de lamême main! (V.)