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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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HÉUACUUS.

KO

PCLCHER1E.

Quelque elîort que je fasse à lire dans son aine,

Je n’en vois que l'ell’el que je m’étois promis 1 :

Je trouve trop d’un frère, et vous trop peu d’un lils 2 .

PHOCAS.

Ainsi le ciel vous veut enrichir de ma perte.

PULCIIEIUE.

Il lient en ma faveur leur naissance couverte 3 :

Ce frère qu’il me rend seroit déjà perduSi dedans votre sang il ne l’eût confondu.

PHOCAS, à Pulehérie.

Cette confusion peut perdre l’un et l’autre.

En faveur de mon sang je ferai grâce au vôtre :

Mais je veux le connottre; et ce n'est qu’à ce prixQu’en lui donnant la vie il me rendra mon (ils.

(à Iléraclius.)

Pour la dernière fois, ingrat, je t’en conjure;

Car enfin c’est vers toi que penche la nature;

Et je n’ai point pour lui ces doux empressementsQui d'un cœur paternel font les vrais mouvements.

Ce cœur s’attache à toi par d’invincibles charmes.

En crois-tu mes soupirs? eu croiras-tu mes larmes 4 ?Songe avec quel amour mes soins t’ont élevé,

A.vec quelle valeur son bras l’a conservé;

Tu nous dois à tous deux.

HÉRACUÜS.

Et pour reconnoissanceJe vous rends votre fils, je lui rends sa naissance.

4 Cela n’est pas français ; on a de la peine a lire; on fait effort pourlire ; et l’effet d’un effort n'a pas un sens assez clair. (V.)

2 Elle ne fait là que répéter ce que Phocas a dit au quatrième acte ;et cette antithèse de trop et de trop peu est souvent répéîée. (V.)

3 Le ciel qui tient une naissance couverte 1 , ce n’est pas le motpropre; couvert ne veut pas dire incertain, obscur. (V.)

II y a ici une remarque importante à faire pour toute la tragédie :c'est qu’il ne faut jamais faire en aucun cas ni soupirer ni pleurer ceuxdont les larmes ne font soupirer ni pleurer personne. Pour peu qu\ nconnaisse le cœur humain, on sent bien que les soupirs et les larme-»d’un Phocas ressemblent à la voiy du loup berger. (V./