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ACTE V, SCÈNE III.
Ma haine pour Phocas m’a trop persuadée.
Son amour est pour vous un poison dangereux ;
Et quoique la pitié montre un cœur généreux *,
Celle qu’on a pour lui de ce rang dégénère 2.
Vous le devez haïr; et fût-il votre père 3 ,
•Si ce titre est douteux, son crime ne l’est pas.
Qu’il vous offre sa grâce, ou vous livre au trépas,
Il n’est pas moins tyran quand il vous favorise,
Puisque c’est ce cœur même alors qu’il tyrannise;
Et que votre devoir, par là mieux combattu,
Prince, met en péril jusqu’à votre vertu.
Doutez, mais haïssez ; et, quoi qu’il exécute,
Je douterai d’un nom qu'un autre vous dispute :
En douter lorsqu’on moi vous cherchez quelque appui,Si c’est trop peu pour vous, c’est assez contre lui.f.’un de vous est mon frère, et l’autre y peut prétendre :Entre tant de vertus mon choix se peut méprendre :Mais je ne puis faillir, dans votre sort douteux,
A chérir l’un et l'autre, et vous plaindre tous deux.J’espère encor pourtant; ou murmure, on menace;
C11 tumulte, dit-on, s’élève dans la place :
Exupère est allé fondre sur ces mutins;
Et peut-être de là dépendent nos destins.
Mais Phocas entre.
SCENE III.
PHOCAS, HÉRACXIUS, MART 1 AN, PULCIIÉRIE, gardes.
PHOCAS.
Eh bien! se rendra-t-il, madame*?
1 Ce terme montre n'est pas le mot propre ; on croirait que la pitiéa un cœur. Ces petites négligences seraient à peine remarquables, sielles n’étaient fréquentes ; et ces inattentions étaient très pardonnablespour le temps. I! fallait peut-être prouve un cœur généreux, ou bienet. quoique la pitié soit d’un cœur généreux. (V.)
2 De quel rang? est-ce du rang des cœurs généreux? On ne dégénèrepoint d’un rang. (V.)
3 Cela n’est pas vrai ; un fils ne doit point haïr un père qui l’a élevéavec tendresse. Ce sentiment est pardonnable dans la bouche de Pul-chérie ; mais doit-elle l’alléguer comme un motif déterminant? (\.)