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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE V, SCENE VII.

( à Léontine.)

Terminez donc, madame, enfin notre querelle.

LEONTINE.

Mon témoignage seul peut-il en décider?

MAIITIAN.

Quelle autro sûreté pourrions-nous demander 1 ?

LEONTINE.

Je vous puis être encor suspecte d’artifice.

Non, ne m’en croyez pas, croyez l'impératrice*.

{ à Pulchérie, lui donnant un billet.)

Vous connoissez sa main, madame ; et c’est à vousQue je remets le sort d’un frère et d’un époux.

N oyez ce qu’en mourant me laissa votre mère.

pülcitêrie.

J’cn baise en soupirant le sacré caractère.

LÉONTINE.

Apprenez d’elle enfin quel sang vous a produits,Princes 8 .

î Je ne vois pas qu’on doive si aveuglément s’en rapporter au té-moignage seul de Léontine, que sa conduite mystérieuse a pu rendretrès suspecte ; et., dans de si grands intérêts, il faut des preuvesclaires. ("V.)

2 La naissance des deux princes n’est enfin éclaircie que par un billetde Cons'antine. dont il n’a point été question jusqu’à présent. On esttout étonné que Constantine ait écrit ce bilet. Il ne faut jamais jeterdans les derniers actes aucun incident principal qui ne soit l>ien pré-paré dans les premiers, et attendu m‘rae avec impatience. Toutes cesraisons, qui me paraissent évidentes, f mt que le cinquième acte d’flé-raclius est beaucoup inférieur à celui de Rodogune. La pièce est d’ungenre singulier, qu’il ne faudrait imiter qu'avec les plus grandes pré-cautions. (V.)

3 La reconnaissance suit ici la catastrophe. On doit très rarementvioler la règle qui veut au contraire que la reconnaissance précède.Cette règle est dans la nature; car, lorsque la péripétie est arrivée,quand le tyran est tué, personne ne s’intéresse au reste. Qu'importequi des deux princes est Héraclius? Si Joas n’était reconnu qu’après lamort d’Athalie, la pièce finirait très froidement. Il me semb'e qu’il seprésentait une situation, une péripétie bien théâtrale : Phocas, mécon-naissant son fils Martiun, voudrait le fa re périr; Héraclius, son ami.en le défendant, tuerait Phocas, et croirait avoir commis un parricide ;Léontine lui dirait alors : Vous croyez vous être souillé du sang de.votre père : vous avez puni l'assassin du vôtre, (V.) — Le plan que