NICOMEDE.
ACTE PREMIER.
SCÈNE I.
NICOMÈDE, LAODICE.
LAODICE.
Après tant de hauts faits, il m’est bien doux, seigneur,
De voir encor mes yeux régner sur votre coeur 1 :
De voir, sous les lauriers qui vous couvrent la tête 2 ,
Uu si grand conquérant être encor ma conquête 3 4 ,
Et de toute la gloire acquise à ses travauxFaire un illustre hommage à ce peu que je vaux *.
Quelques biens toutefois que le ciel me renvoie,
1 On ne voit point ses yeux ; cette figure manque un peu de justesse,mais c’est une faute légère. (V.)
2 Ce vous rend l’expression trop vulgaire : Je me suis couvert tatête; voué vous êtes/ait mal au piecl. Il faut chercher des tours plusnobles. Rarement alors on s’étudiait à perfectionner son style. (Y.)
3 Corneille paraît; affectionner ces vers d’antithèses :
Ce qu’il doit au vaincu brûlant pour 3e vainqueur.
Et pour être invaincu l’on n’est pas invincible.
J’irai sous mes cyprès accabler ses lauriers.
Ces figures ne doivent pas être prodiguées. Racine s’en sert très rare-ment; cependant il a imité ce vers dans Andromaque :
Mener en conquérant sa superbe conquête.
Il dit aussi :
Vous me voulez aimer, et je ne puis vous plaire.
Vous m’aimeriez, madame, en me voulant haïr.
. N“on ego -paucis
Offendar maculis ... (V.)
4 Cotte manière de s’exprimer est absolument bannie. On dirait aprésent dans le style familier, au peu que je vaux, L’épithète d 'il-