ACTE III, SCÈNE U. MM
Mais il court à sa perte, et vous traîne avec lui.
Pcnsez-y bien, madame, et faites-vous justice,
Choisissez d’être reine, ou d'être Laodice ;
Et, pour dernier avis que vous aurez de moi,
Si vous voulez régner, faites Attale roi.
Adieu
SCÈNE II.
FLAMINIUS, LAODICE.
FLAMINIUS.
Madame, enfin une vertu parfaite 3 ...
LAODICE.
Suivez le roi, seigneur, votre ambassade est faite s ;
Et je vous dis encor, pour ne vous point Jflatler,
Qu’ici je ne la dois ni la veux écouter.
FLAMINIUS.
Et je vous parle aussi, dans ce péril extrême,
Moins en ambassadeur qu’en homme qui vous aime,
Et qui, touché du sort que vous vous préparez,
Tache à rompre le cours des maux où vous courez.
J'ose donc comme ami vous dire en confidencetjm’une vertu parfaite a besoin de prudence,
Et doit considérer, pour son propre intérêt,lit les temps où l’on vit, et les lieux où l’on est.
* Remarquez qu’un ambassadeur de Rome qui ne dit mot dans cettescène, y fait un personnage trop subalterne. Il faut rarement mettresur la scène des personnages principaux sans les faire parler : c'est midéfaut essentiel. Cette scène de petites bravades, de petites picoteriez,de petites discussions, entre Prusias et Laodice, n’a rien de tragique ;et Flaminius, qui ne dit mot, est insupportable. (Y.)
â Ce n’est guère que dans la passion qu’il est permis de ne pas ache-ver sa phrase. La faute est très petite ; mais elle est si commune danstoutes nos tragédies, qu’elle mérite attention. (Y.)
3 Votre ambassade est faite est un peu comique. Sosie dit dausAmphitryon:
O juste ciel * j’ai fait une belle ambassade !
Mais aussi c’est Sosie qui parle, (Y.}