ACTE III, SCÈNE IV.
SCENE IV.
NICOMÈDE, LAODICE.
NICOMÈDE.
Cet avis est plus propre à donner à la reine.
Ma générosité cède enlin à sa haine :
Je l’épargnois assez pour ne découvrir pasLes infâmes projets de ses assassinats;
Mais enlin on m’y force, et tout son crime éclate.
J’ai fait entendre au roi Zenon et Métrobale 1 ;
Et, comme leur rapport a de quoi l'étonner,
Lui-même il prend le soin de les examiner.
LAODICE.
Je ne sais pas, seigneur, quelle en sera la suite ;
Mais je ne comprends point toute cette conduite,
Ni comme à cet éclat la reine vous contraint.
Plus elle vous doit craindre, et moins elle vous craint;
Et plus vous la pouvez accabler d’infamie,
Plus elle vous accable en mortelle ennemie.
NICOMÈDE.
Edle prévient ma plainte, et cherche adroitementA la faire passer pour un ressentiment;
Et ce masque trompeur de fausse hardiesseNous déguise sa crainte, et couvre sa foiblesse.
LAODICE.
Les mystères de cour souvent sont si cachés,
1 Voici la première fois que le spectateur entend parler de ce Zenon ;il ne sait encore quel il est : on sait seulement que Nicomède a conduitdeux traîtres avec lui ; mais on ignore que Zenon soit un des deux.Voilà le sujet et l’intrigue de la pièce ; mais quel sujet et quelle, in-trigue ! deux malheureux que la reine Arsinoé a subornés pour l’accuserfaussement elle-même, et pour faire retomber la calomnie sur Nico-mède ; il n’y a rien de si bas que cette invention : c'est pourtant là lenœud, et le reste n’est que l’accessoire. Mais on n’a point encore vuparaître cette reine Ar-dnoé ; on n’a dit qu’un mot d’an Métrobate, etcependant on est au milieu du troisième acte. i V.j — Voltaire oubliequ’Arsinoé a eu trois se nes dans le premier acte, et que c’est elle quifinit ce même acte. La distraction est un peu forte. (P.)