NICOMEDE.
rm
Vous a-t-il conseillé beaucoup de lâchetés',Madame ?
FLAMINIUS.
Ah ! c’en est trop : et vous vous emportez.
NICOMÈDE.
Je m’emporte?
FLAMINIUS.
Sachez qu’il n’est point de contréeOù d’un ambassadeur la dignité sacrée...
NICOMEDE.
Ne nous vantez plus tant son rang et sa splendeur :Qui fait le conseiller n’est plus ambassadeur;
Il excède sa charge, et lui-même y renonce.
Mais dites-moi, madame, a-t-il eu sa réponse ?
Oui, seigneur.
NICOMÈDE.
Sachez donc que je ne vous prends plusQue pour l’agent d’Altale, et pour Flaminius;
Et, si vous me fâchiez, j’ajouterois peut-être
Que pour l’empoisonneur d’Annibal, de mou maître.
Voilà tous les honneurs que vous aurez de moi :
.S’ils ne vous satisfont, allez vous plaindre au roi.
FLAMINIUS.
Il me fera justice, encor qu’il soit bon père ;
Ou Rome, à son refus, se la saura bien faire.
NIC051ÈDE.
Allez de l’un et l’autre embrasser les genoux.
FLAMINIUS.
t.es effets répondront; prince, pensez à vous.
digne de pitié. Cela forme une équivoque qui tourne l’ambassadeuren ridicule, et on devait retrancher pitoyable aussi bien que le longet le large. (V.)
t Voilà des injures aussi grossières que les railleries. Une grandepartie de cette pièce est du style burlesque ; mais il y a de temps entemps un air de grandeur qui impose, et surtout qui intéresse pourNicomède; ce qui est un très grand point. Au reste, jusqu’ici la plu-part des scènes ne sont que des conversations assez étrangères à l’in-trigue. En général, toute scène doit être une espèce d’action qui faitvoir à l’esprit quelque chose de nouveau et d’intéressant. (V.i