ACTE CINQUIÈME.
SCÈNE I.
ARSINOÉ, ATTALE.
ARSINOÉ.
J'ai prévu ce tumulte, cl n’en vois rien à craindre : •Comme un moment l’allume, un moment peut l’éteindre*,Et, si l’obscurité laisse croître ce bruit,
Le jour dissipera les vapeurs de la nuit.
Je me fâche bien moins qu’un peuple se mutineQue de voir que ton cœur dans son amour s’obstine,lit, d’une indigne ardeur lâchement embrasé,
> T e rend point de mépris à qui t’a méprisé.
Venge-loi d’une ingrate, et quitte une cruelle,
A présent que le sort t’a mis au-dessus d’elle.
Son trône, et non ses yeux, a voit dû te charmer :
Tu vas régner sans elle; à quel propos l’aimer?
Porte, porte ce cœur à de plus douces chaînes.
Puisque te voilà roi, l’Asie a d’autres reines,
Qui, loin de te donner des rigueurs à souffrir s,T'épargneront bientôt la peine de l’offrir.
1 On n’allume pas un tumulte. Il se fait dans la ville une séditionimprévue: c'est une machine qu’il n'est plus guère permis d’employeraujourd’hui, parcequ’elle est triviale, parcequ’elle n’est pas renferméedans l’exposition de la pièce, pareeque, n’étant pas née du sujet, elle‘■st sans art et sans mérite. Cependant, si cette sédition est sérieuse,.Arsinoé et son fils perdent leur temps à raisonner sur la puissance etsur la politique des Romains. Arsinoé lui dit froidement. : Vous metavissez d’avoir cotte prudence. Ce vers comique et les fautes de languene contribuent pas à embellir cette scène. (V.)
2 On ne donne point des rigueurs comme on donne des faveurs ; celan'est pas français, pareequo cela n'est admis dans aucune langue. (V.;-- Corneille no dit pas que Laodice donne des rigueurs à Attale, maisqu’elle loi en donne à souffrir : expression qui a un tout autre sens, etque l’usage autorisoit alors. (P./