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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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43S

NICOMEDE.

Le jette aux pieds du prince. Il s’écrie ; et sa suite,

De peur d’un pareil sort, prend aussitôt la fuite.

ARSINOÉ.

Et qui dans cette porte a pu le poignarder?'

AXIALE.

Dix ou douze soldats qui sembloient la garder.

El ce prince...

ARSINOÉ.

Ah, mon lils! qu’il est partout de traîtres!Ou’il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres !

Mais de qui savez-vous un désastre si grand ?

ATTALE.

Des compagnons d’Araspe, et d’Araspe mourant.

Mais écoutez encor ce qui me désespère.

J’ai couru me ranger auprès du roi mon père;

Il n’en étoit plus temps : ce monarqué, étonné,

A ses frayeurs déjà s'étoit abandonné *,

Avoit pris un esquif pour tâcher do rejoindreCe Romain dont l’effroi peut-être n’est pas moindre.

SCÈNE VIII.

PRUSIAS, FLAMINIUS, ARSINOÉ, LAODICE, ATTALE,CLÉONE.

PRUSIAS.

Non, non, nous revenons l’un et l’autre en ces lieuxDéfendre votre gloire, ou mourir à vos yeux 1 2 .

1 Voilà ce pauvre bonhomme de Prusias avili plus que jamais; il esttraité tour à tour par ses deux enfants de sot et de poltron. (V.)

2 Corneille dit lui-même, dans son Examen, qu’il avait d’abord finisa pièce sans faire revenir l'ambassadeur et le roi ; qu’il n'a fait ce chan-gement que pour plaire au public, qui aime à voir à la fin d'une piècetous les acteurs réunis : il convient que ce retour avilit encore plus lecaractère de Prusias, de même que celui de Flaminius, qui se trouvedans une situation humiliante, puisqu’il semble n’être revenu que pourêtre témoin du triomphe de son ennemi. Cela prouve que le plan decette tragédie était impraticable. (V.)