ACTE V, SCÈNE IX. 451
ARSINOÉ.
Mourons, mourons, seigneur, et dérobons nos viesA l’absolu pouvoir des fureurs ennemies ;
N’attendons pas leur ordre, et montrons-nous jalouxDe l’honneur qu’ils auraient à disposer de nous ».
LAODICE.
Ce désespoir, madame, offense un si grand hommePlus que vous n’avez fait en l’envoyant à Home :
Vous devez le connoître; et, puisqu’il a ma foi,
Vous devez présumer qu’il est digne dé moi.
Je le désavouerais s’il n'étoit magnanime,
S’il manquoit à remplir l’etfort de mon estime 1 2 * 4 ,
S’il ne faisoit paroître un cœur toujours égal.
Mais le voici ; voyez si je le commis mal.
SCÈNE IX.
PRUSIAS, NICOMÈDE, ARSINOÉ, LAODICE, FLAMINIUS,ATTALE, CLÉONE.
NICOMÈDE.
Tout est calme, seigneur ; un moment de ma vueA soudain apaisé la populace émue.
PRUSIAS.
Quoi ! me viens-tu braver jusque dans mon palais,
Rebelle?
NICOMÈDE.
C’est un nom que je n’aurai jamais.
Je ne viens point ici montrer à votre haine
1 La pensée est très mal exprimée; il fallait dire: Ravissons-leurtu mourant la gloire d’ordonner de notre sort ; il fallait an moins•s'énoncer avec plus de clarté et de justesse. ( Y.)
2 Manquer à remplir l'effort d’une estime! On s’indigne quand onvoit la profusion de ces irrégularités, de ces termes impropres. On nevoit point cette foule de barbarismes dans les belles scènes des Moraceset de Cinna. Par quelle fatalité Corneille écrivait-il toujoursavec plus
d'incorrection, et dans un style plus grossier, à mesure que la languese perfectionnait sous Louis XIV? Plus son goût et son style devaient
se perfectionner, et plus ils se corrompaient. (V.)