ACTE V, SCÈNE IX. C.9
Il est impatient lui-même de se rendre.
Joignez cette conquête à trois sceptres conquis,
Et je croirai gagner en vous un second fils.
PRUSIAS.
Je me rends donc aussi, madame; et je veux croireQu’avoir un fils si grand est ma plus grande gloire 1 .
Mais, parmi les douceurs qu’enlîn nous recevons,Faites-nous savoir, prince, à qui nous vous devons.
XICO.MÈDE.
L’auteur d’un si grand coup m’a caché son visage;
Mais il m’a demandé mon diamant pour gage 2 ,
Et me le doit ici rapporter dès demain.
ATTALE.
Le voulez-vous, seigneur, reprendre de ma main?
XICOMÈDE.
Ah! laissez-moi toujours à cette digne marqueReconnoRre en mon sang un vrai sang de monarque.
Ce n’est plus des Romains l’esclave ambitieux,
C’est le libérateur d'un sang si précieux.
Mon frère, avec mes fers vous en luisez bien d’autres,
Ceux du roi, de Sa reine, et les siens et les vôtr&s.
Mais pourquoi vous cacher en sauvant tout l’État?
ATTALE.
Pour voir votre vertu dans son plus haut éclat;
Pour la voir seule agir contre notre injustice,
Sans la préoccuper par ce foible service;
Et me venger enfin ou sur vous ou sur moi,
Si j’eusse mai jugé de tout ce que je voi.
Mais, madame...
ABS1NOK.
U suffit, voilà le stratagème
! Si Prusias n’est pas du commencement jusqu'à la lin un vieillarddu comédie, j’ai tort. (V.)
t Attalo paraît ici bien prudent, et XTiconude bien peu curieux;mais, si ce moyen n’est pas digne de la tragédie, la situation n’en estpas moins beile : il parait seulement bien injuste et bien odieux qu’At-taie ait assassiné un officiir du roi son père qui fesait son devoir ; nepouvait-il p as faire une belle action sans la souiller par cette horreur !A l’égard du diamant, je ne sais si Boileau, qui blâmait tant l’anneauroyal dans Astrate, était contenl du diamant de Nicomède. jV.}