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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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SERTORIUS.

Cessez de m’estimer jusqu’à lui faire injure :

Je ne veux que le nom de votre créature 1 ;

Un si glorieux titre a de quoi me ravir 2 ;

Il m'a'fait triompher en voulant vous servir 3;

El malgré tout le peu que le ciel m’a fait naître *-...

VIRIATE.

Si vous prenez ce titre, agissez moins en maître,

Ou m’apprenez du moins, seigneur, par quelle loiVous n’osez m’accepter, et disposez de moi.

Accordez le respect que mon trône vous donne &

Avec cet attentat sur ma propre personneVoir toute mon estime, et n’en pas mieux user,

C'en est un qu’aucun art ne sauroit déguiser.

Ne m’honorez donc plus jusqu’à me faire injure ;

Puisque vous le voulez, soyez ma créature;

Et, me laissant en reine ordonner de vos vœux,

Portez-les jusqu'à moi, parccque je le veux.

Pour votre Perpenna, que sa liante naissanceN’aflr.mcliit point encor de votre obéissance,

Fût-il du sang des dieux aussi bien que des rois,.

Ne lui promettez plus la gloire de mon choix.

Rome n’attache point le grade à la noblesse.

Votre grand Marius naquit dans la bassesse;

Et c’est pourtant le seul que le peuple romainAit jusques à sept fois choisi pour souverain.

Ainsi pour estimer chacun a sa manière 6 :

dire que Corneille atteignit rarement le véritable but de la tragédie, etque trop souvent, au lieu d’émouvoir, il exagérait ou il dissertait. (V.,

1 Créature: ce mot dans notre langage n’est employé que pour lessubalternes qui doivent leur fortune à leurs patrons, et semble ne pasconvenir à Sertorius. (V.)

2 Ce titre r ’"o' p; int glorieux; il n’a point de quoi ravir. Ce motravir est trop familier. (V.)

3 Par la construction de la phrase, c’est le glorieux titre qui n vouluservir Viriate. [V.|

4 Tout le peu est une contradiction dans les termes ; les mots dopeu et de tout s’excluent l’un l’autre. ( V.)

3 On ne donne point du respect, on l’impose, on l'imprime, on l’in-spire, etc. ( Y )

3 Ainsi pour estimer chacun a sa manière,