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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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SERTORIUS.

De peur t!e partager avec d’autres RomainsUn honneur où le ciel veut peut-être leurs mains?

Notre gloire, il est vrai, deviendra sans seconde,

Si nous faisons sans eux la liberté du monde:

Mais si quelque malheur suit tant d’heureux combats,

Quels reproches cruels ne nous ferons-nous pas!

D’ailleurs, considérez que (’erpenna vous aime,

Qu’il est ou qu’il se croit digne du diadème,

Qu’il peut ici beaucoup; qu’il s’est vu de tout tempsQu'en gouvernant le mieux on fait des mécontents;

Que, piqué du mépris, il osera peut-être...

VIRIATE.

Tranchez le mot, seigneur : je vous ai fait mon maître,

Et je dois obéir malgré mon sentiment;

C’est à quoi se réduit tout ce raisonnement.

Faites, faites entrer ce héros d’importance ',

Que je fasse un essai de mon obéissance;

Et si vous le craignez, craignez autant du moinsUn long et vain regret d’avoir prêté vos soins i .

SERTORIUS.

Madame, croiriez-vous...

VIRIATE.

Ce mot vous doit suffire :

.l'entends ce qu’on me dit, et ce qu’on me veut dire.

Allez, faites-lui place, et ne présumez pas...

événements ; au contraire, c’est la liberté de Rome et celle de PEs-pagne, pour laquelle Sertorius et Viriate combattent, et qu’on expo-serait. (V.|

1 Faites, faites entrer ce héros d’importance,

est un peu trop comique. L’auîeur a déjà dit des gens d'imporlauce :il n’est pas permis d’écrire d’un style si trivial, surtout après avoirécrit de si belles choses. (V.)

2 II faudrait achever la phrase. Prêter vos soins n’a pas un senscomplet; on doit dire à qui on les a prêtés. De plus, on ne prête pointde soins, on ne prête que les choses qu’on peut retirer. Quand les soinssont une fois donnés, on peut eu refuser de nouveaux. Il n’en est pasde même du mot appui, secours ; on prête son appui, son secours , sonbras, son armée, etc., parceqn’on peut les retirer, les reprendre. Cestyle est très-vicieux. (V.i