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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE II, SCÈNE Iïï. 487

SERTORIUS.

Jo parle pour un autre, et toutefois, hélas 1 !

Si vous saviez...

VIRIATE.

Seigneur, que faut-il que je sache ?

Et quel est le secret que ce soupir me cache ?

SERTORIUS.

Ce soupir redoublé 2 ...

VIRIATE.

N’achevez point; allez :

.le vous obéirai plus que vous ne voulez.

SCÈNE III.

VIRIATE , THAMIRE.

TÏMMIBE.

iSa dureté m’étonne, et je ne puis, madame 3 ...

1 Cet hélas dans la bouche de Sertorius est trop déplacé : U ne con-vient ni à son caractère, ni à son âge, ni à la scène politique et raisonnée-qui vient de se passer entre Viriate et lui. (V.)

2 Ce soupir redoublé achève de dégrader Sertorius.

Qu’Achille aime autrement que Tyrcis et Philène.

Un vieux capitaine romain qui fait remarquer ses soupirs à sa maî-tresse est au-dessous de Tyrcis ; car Tyrcis soupirera sans le dire, et■Ce sera sa maîtresse qui s’en apercevra. Qu’un amant passionné soitattendri, ému, troublé, qu’il soupire; mais qu’il ne dise pas : Voyez■comme je suis attendri, comme je suis ému, comme je suis touché,comme je soupire! Cette pusillanimité dans laquelle Corneille faittomber Sertorius et Viria'e est une preuve bien manifeste de ce quenous avons dit tant de fuis, que l’amour s’etait emparé du théâtre trèslongtemps avant Racine; qu'il n’y avait aucune pièce où cette passionai’entrât, et c’était presque toujours mal à propos. Encore une fois, l’a-mour n’a jamais bien été traité que dans les scènes du Cid, imitées deCuillcm de Castro, jusqu’à YAndromaque de Racine : je dis V Andro-maque; car, dans la Thèbaïde et dans VAlexandre, on sent que Racinesuit la mauvaise route que Corneille avait tracée ; c’est l’unique raisonpeut-être pour laquelle ces deux pièces n’inîéressent point du tout. (V.)

Il est assez difficile de comprendre comment Thamire peut parlerde dureté après ces hélas et ces soupirs. (V.)