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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE III, SCÈNE II.

Mc voulez-vous, seigneur? ne me voulez-vous pas 1 2 ?

Parlez : que votre choix règle ma destinée,

Suis-je encore à lépoux à qui lon ma donnée?

Suis-je à Sertorius? Cest assez consulté :

Rendez-moi mes liens, ou pleine liberté...

pompée .

Je le vois bien, madame, il faut rompre la trêve,

Pour briser en vainqueur cet hymen, sil sachève;

Et vous savez si peu lart de vous secourir,

Que, pour vous en instruire, il faut vous conquérir.

AIUSTIE.

Sertorius sait vaincre et garder ses conquêtes.

POMPEE.

La vôtre à la garder coûtera bien des têtes * ;

Comme elle fermera la porte à tout accord,

Rien ne la peut jamais assurer que ma mort.

Oui, jen jure les dieux, sil faut quil vous obtienne,

Rien ne peut empêcher sa perte que la mienne;

Et peut-être tous deux, lun par lautre percés,

Nous vous ferons connoltre à quoi vous nous forcez.

AIUSTIE.

Je ne suis pas, seigneur, dune telle importance.

Dautres soins éteindront cette ardeur de vengeance;

Ceux de vous agrandir vous porteront ailleurs,

vous pourrez trouver quelques destins meilleurs;

Ceux de servir Sylla, daimer son Emilie,

D'imprimer du respect à toute lItalie,

De rendre à votre Rome un jour sa liberté,

Sauront tourner vos pas de quelque autre côté.

Surtout ce privilège acquis aux grandes âmes,

Do changer à leur gré de maris et de femmes,

Mérite quon Pétale aux bords de lunivers,

Pour en donner lexemple à cent climats divers.

1 Cest un vers de comédie qui avilit tout ; et ce vers est le précis detoute la scène. (Y.)

2 La vôtre, etc., est un vers de Nicomède , qui est bien plus à sapace dans Nicomède quici, pareequil sied mieux à Kicomède debraver son frère quà Pompée de braver sa femme. (Y.)