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ACTE III, SCÈNE II,
POMPÉE.
Adiçu donc pour deux jours.
ARISTIE.
Adieu pour tout jamais 1 !
1 Pour jamais est bien pins fort que pour tout jamais. Ce dialoguepressé, rapide, coupé, est souvent, dans Corneille, d’une grande beauté.Il ferait beaucoup d’effet entre deux amants ; il n’en fait point entre unmari et une femme qui ne sont pas dans une situation assez doulou-reuse. Il était impossible de faire d’un tel sujet une véritable tragé-die. Les demi-passions ne réussissent jamais à la longue ; et les intérêtspolitiques peuvent tout au plus produire quelques beaux vers qu’onaime à citer. La seule scène de Sertorius et de Pompée suffisait alorsà une nation qui sortait des guerres civiles. On n’avait rien d’aucunauteur qu’on pût comparera ce morceau sublime, et on pardonnait atout le reste en faveur de ces beautés qui n’appartenaient, dans lemonde entier, qu’à Corneille. (Y.)
FIN DU TROISIEME ACTE.