ACTE QUATRIÈME.
SCENE
I*.
SERTORIUS, TH AM IKK.
SERTORIUS.
Pourrai-je voir la reine?
THAMIIŒ.
Attendant qu'elle vienne,Elle m’a commandé que je vous entretienne,
Et veut demeurer seule encor quelques moments.
SERTORIUS.
Ne m’upprendrez-vous point où vont ses sentiments,Ce que doit Perpenna concevoir d’espérance?
THAMIRE.
Elle ne m’en fait pas beaucoup de confidence;
Mais j’ose présumer qu’oflerl de votre main,ïl aura peu de peine à fléchir son dédain.
Vous pouvez tout sur elle.
SERTORIUS.
Ah! j’y puis peu de chose,Si jusqu’à l’accepter mon malheur la dispose;
Ou, pour en parler mieux, j’y puis trop, et trop peu.
THAMIRE.
Elle croit fort vous plaire en secondant son feu.
SERTORIUS.
Me plaire ?
1 Cette scène de Sertorius avec une confidente a quelque chose decomique. Les scènes avec les subalternes sont d’ordinaire très froidesdans la tragédie, à moins que ces personnages secondaires n’apportentdes nouvelles intéressantes, ou qu’ils ne donnent lieu à des explicationsplus intéressantes encore. Mais ici Sertorius demande simplement desnouvelles; il veut savoir où vont les sentiments de Viriate, quoiquedes sentiments n’aillent point. Thamire semble un peu le railler, enlui disant que l’crpenna, offert par lui ,fléchira le dédain de la reine;et Sertorius répond qu’il a pour elle un violent respect. Cela n’est pasfort tragique. (V.)