SERTORIUS.
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Enfin, pour achever, j’ai fait pour vous plus qu’elle :
Elle vous a banni, j’ai pris votre querelle ;
Je conserve des jours qu’elle veut vous ravir.
Prenez le diadème, et laissez-la servir.
Il est beau de tenter des choses inouïes,
Dût-on voir par l'effet ses volontés trahies.
Pour moi, d’un grand Romain je veux faire un grand roi;Vous, s’il y faut périr, périssez avec moi :
C’est gloire de se perdre en servant ce qu’on aime.
SERTORIUS.
Mais porter dès l’abord les choses à l’extrême,
Madame, et sans besoin faire des mécontents !
Soyons heureux plus tard pour l’être plus longtemps.
Une victoire ou deux jointes à quelque adresse....
VIRIATE.
Vous savez que l’amour n’est pas ce qui me presse *,Seigneur. Mais, après tout, il faut le confesser,
Tant de précaution commence à me lasser.
Je suis reine ; et qui sait porter une couronne,
Quand il a prononcé, n’aime point qu’on raisonne.
Je vais penser à moi, vous penserez à vous.
SERTORIUS.
Ah; si vous écoutez cet injuste courroux...
VIRIATE.
Je n’en ai point, seigneur; mais mon inquiétudeNe veut plus dans mon sort aucune incertitude :
Vous me direz demain où je dois l’arrêter.
Cependant je vous laisse avec qui consulter.
SCÈNE III*.
SERTORIUS, PERPENNA, AUFIDE.
PERPENNA, à Aulide.
Dieux! qui peut faire ainsi disparoîtrc la reine?
t Nous avons déjà remarqué ce vers, [Voyez le commencement decette scène.) (Y.)
* Cette scène paraît encore moins digne de la tragédie que les pré-cédentes. Perpenna et Sertorius ne s’entendent point : l’un dit, Je par -