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SERTORIUS.
Qu’eniin il a poussé nos armes fortunéesJusqucs à vous réduire au pied des Pyrénées.
Mais, après l’avoir mis au point où je le voi,
Je ne puis voir que lui qui soit digne de moi;
Et, regardant sa gloire ainsi que mon ouvrage,
Je périrai plutôt qu’une autre la partage.
Mes sujets valent bien que j’aime à leur donnerDos monarques d’un sang qui sache gouverner,
Qui sache faire tête à vos tyrans du monde,
Et rendre notre Espagne en lauriers si féconde,
Qu’on voie un jour le Pô redouter ses efforts,
Et le Tibre lui-môme en trembler pour ses bords.
ARISTIE.
Votre dessein est grand ; mais à quoi qu’il aspire...
VIRIATE.
Il m’a dit les raisons que vous me voulez dire.
Je sais qu’il seroit bon de taire et différerCe glorieux hymen qu’il me faut espérer-:
Mais la paix qu’aujourd’hui l’on offre à ce grand hommeOuvre trop les chemins et les portes de Rome.
Je vois que, s’il y rentre, il est perdu pour moi,
Et je l’en veux bannir par le don de ma foi.
Si je hasarde trop de m’être déclarée,
J’aime mieux ce péril que ma perte assurée;
Et, si tous vos proscrits osent s’en désunir,
Nos bons destins sans eux pourront nous soutenir.
Mes peuples aguerris sous votre disciplineN’auront jamais au cœur de Rome qui domine;
Et ce sont des Romains dont, l’unique souciEst de combattre, vaincre, et triompher ici.
Tant qu’ils verront marcher ce héros à leur tète,
Ils iront sans frayeur de conquête en conquête.
Un exemple si grand dignement soutenuSaura... Mais que nous veut ce Romain inconnu 1 ?
t Comme Pompée et Sertorius ont eu un entretien qui n’a rien pro-duit, Aristie et Viriate ont ici un entretien non moins inutile, ma’splus froid. Viriate conte à Aristie l’histoire de Sertorius, qu’elle a déjàcontée à d’autres dans les actes précédents. Les fautes principales delangage sont , daigner pencher sa main, pour dire abaisser sa main :consent l’hymènèe, au lieu de consent à i’hymênée ; s’il n’a tout son