SERTORIUS.
« Qu'un feu qui fut si beau rentre en sa dignité,
« Et que l’hymen te rende à tes'premières chaînes,
« En même temps qu’à Rome il rend sa liberté.
« Quintus Aristius. »
Le ciel s’est donc lassé de m’être impitoyable ICe bonheur comme à toi me paroît incroyable.
Cours au camp de Pompée, et dis-lui, cher Areas...
ARCAS.
Il a cette nouvelle, et revient sur ses pas.
De la part de Sylla chargé de lui remettreSur ce grand changement une pareille lettre,
A deux milles d’ici j’ai su le rencontrer 1.
ARISTIE.
Quel amour, quelle joie a-t-il daigné montrer?
Que dit-il? que fait-il?
ARCAS.
Par votre expérience
Vous pouvez bien juger de son impatience;
Mais, rappelé vers vous par un transport d’amourQui ne lui permet pas d’achever son retour,
L’ordre que pour son camp ce grand effet demandeL’arrête à le donner, attendant qu’il s’y rende 2 .
1 C ej’ai su fait entendre qu’il y avait beaucoup de peine, beaucoupd’art et de savoir-faire à rencontrer Pompée : j’ai su vaincre et régner ,pareeque ce sont deux choses très difficiles.
J’ai su, par une longue et pénible industrie,
Des plus mortels venins prévenir la furie...
J’ai su lui préparer des craintes et des veilles...
J’ai prévu ses complots, je sais les prévenir.
Le mot savoir est bien placé dans tous ces exemples : il indique lapeine qu’on a prise. Mais j’ai su rencontrer un homme en chemin estridicule. Tous les mauvais poètes ont imité cette faute. (Y.)
2 Tout ce couplet est confus, obscur, inintelligible; tournez-le enprose : Son transport d’amour qui le rappelle ne lui permet pasd’achever son retour, et l’ordre que ce grand effet demande pour soncamp l’arrête à le donner, attendant qu'il se rende à ce camp. Unpareil langage est-il supportable! Il est triste d’être forcé de releverdes fautes si considérables et si fréquentes. Un domestique qui apporteune lettre et des nouvelles qui n’ont rien de surprenant, rien de tra-gique, est absolument une chose indigne du théâtre. Aristie, qui n’a