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Chefs-D'Œuvres dramatiques de P. Corneille : Avec les notes de tous les commentateurs
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ACTE V, SCÈNE VIII.

819

SCÈNE VIII.

POMPÉE, ARISTIE, VIRIATE, CELSUS, ARCAS,THAMIRE.

POMPÉE.

En est-ce fait, Celsus?

CELSUS.

Oui, seigneur; le perfide

vous retrouvez souvent lauteur de Cinna; elle mérite plus dattentionet de remarques que les autres. Lentrevue de Pompée et de Sertoriuseut le succès quelle méritait; et ce succès réveilla tous ses ennemis.Le plus implacable était alors labbé dAubignac, homme célèbre enson temps, et que sa Pratique du Théâtre, toute médiocre quelle est,fesait regarder comme un législateur en littérature. Cet abbé, qui avaitété longtemps prédicateur, sétait acquis beaucoup de crédit dans lesplus grandes maisons de Paris. Il était bien douloureux sans doute àlauteur de Cinna de voir un prédicateur et un homme de lettres con-sidérable écrire à madame la duchesse de Retz, à labri dun privilègeélu roi, des choses qui auraient flétri un homme moins connu et moinsestimé que Corneille.« Yous êtes poète, et poète de théâtre, dit-il à«f ce grand homme dans sa quatrième dissertation adressée à madame< de Retz ; vous êtes abandonné à une vile dépendance des histrions :s< votre commerce ordinaire nest quavec leurs portiers; vos amis ne« sont que des libraires du Palais. Il faudrait avoir perdu le sens,« aussi bien que vous, pour être en mauvaise humeur du gain que vousst pouvez tirer de vos veilles et de vos empressements auprès des his- trions et des libraires. Il vous arrive assez souvent, lorsquon vous< loue, que vous nêtes plus affamé de gloire, mais dargent... Défaites-< vous, monsieur de Corneille, de ces mauvaises façons de parler, quist sont encore plus mauvaises que vos vers... Javais cru, comme pîu-< sieurs, que vous étiez le poète de la critique de lÉcole des femmes, et que Licidas était un nom déguisé comme celui de M. de Corneille ;>< car vous êtes, sans doute, le marquis de Mascarilîe, qui piaille tou-< jours, qui ricane toujours, qui parle toujours, et ne dit jamais rien< qui vaille, etc. » Ces horribles platitudes trouvaient alors des protec-teurs, pareeque Corneille était vivant. Jamais les Zoïle, les Gacon, lesFréron, nont vomi de plus grandes indignités. Il attaqua Corneille sursa famille, sur sa personne ; il examina jusquà sa voix, sa démarche,toutes ses actions, toute sa conduite dans son domestique ; et dans cestorrents dinjures il fut secondé par les mauvais auteuis, ce que lon